À l’issue de sa cinquième réunion tenue à Athènes les 8 et 9 décembre 2025, le Forum européen sur la gestion industrielle du carbone (ICM Forum) a réaffirmé le rôle stratégique du CCUS dans l’atteinte des objectifs climatiques européens et le renforcement de la compétitivité industrielle.
Les conclusions mettent notamment en avant le lancement des premiers projets opérationnels, l’importance des infrastructures et des financements européens, ainsi que la nécessité d’un cadre réglementaire stable pour accélérer le développement de la chaîne de valeur du CO2 en Europe. Le Forum souligne également le rôle clé de la coopération transfrontalière et des mécanismes de réduction des risques pour soutenir les investissements dans le captage, le transport, le stockage et l’utilisation du carbone.
Dans le détail, l’ICM Forum 2025 :
- A remercié le ministère grec de l’Environnement et de l’Énergie ainsi que la société hellénique de gestion des hydrocarbures et des ressources énergétiques (HEREMA) pour la coorganisation du Forum à Athènes, en Grèce, avec la Commission européenne.
- S’est félicité du démarrage de l’exploitation des premiers projets de CCUS.
- A encouragé le développement de nouveaux projets ainsi que le partage des enseignements tirés des premières phases de développement afin de soutenir l’émergence d’une chaîne de valeur complète de gestion industrielle du carbone.
- A encouragé la Commission européenne à poursuivre la préparation d’une proposition législative relative au marché du CO2 et aux infrastructures de transport, et a souligné l’importance des retours formulés dans le cadre d’une large consultation des parties prenantes.
- A reconnu que les technologies de gestion industrielle du carbone sont essentielles pour atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2040 et renforcer la compétitivité européenne.
- A souligné le rôle d’un engagement politique de long terme et de l’adhésion du public dans le développement de la chaîne de valeur de la gestion industrielle du carbone.
- A mis en avant le rôle de la coopération transfrontalière, notamment à travers le partage d’expérience entre autorités publiques.
- A félicité le projet de stockage de CO2 de Prinos pour la signature de sa subvention au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (Connecting Europe Facility), marquant une étape majeure dans la création de la première chaîne de valeur de captage et stockage du carbone en Méditerranée orientale.
- A reconnu le rôle crucial des programmes de financement européens dans le développement de la gestion industrielle du carbone et des réseaux de CO2.
- S’est félicité des subventions accordées cette année aux projets de CCU/S dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe et du Fonds pour l’innovation, ainsi que de la publication de la deuxième liste de l’Union des projets d’intérêt commun (PCI) et des projets d’intérêt mutuel (PMI).
- A souligné l’importance de la coopération au sein de la chaîne de valeur de la gestion industrielle du carbone pour atteindre l’objectif de capacité d’injection de CO2 de 50 millions de tonnes par an d’ici 2030.
- A rappelé que cet objectif contribue à sécuriser les décisions d’investissement des émetteurs en faveur du captage du CO2.
- A mis en avant l’importance des procédures d’autorisation, de la coopération transfrontalière et d’un cadre d’investissement adapté pour accélérer le déploiement des projets, ainsi que l’intérêt du statut de projet stratégique « net zéro » comme outil permettant de surmonter les difficultés de coordination tout au long de la chaîne de valeur.
- A recommandé de coordonner les efforts de réduction des risques entre les États membres, de lever les barrières juridiques à la coopération transfrontalière entre clusters industriels et de mobiliser la nouvelle Banque européenne pour la décarbonation industrielle afin de soutenir le modèle économique du CCS via des contrats carbone pour différence (CCfD).
- S’est félicité de la présentation par la Commission européenne de l’analyse de la disponibilité du CO2 et de la faisabilité du captage dans les installations industrielles européennes à travers une modélisation « bottom-up », permettant de mieux comprendre le potentiel et les limites des efforts de gestion du carbone.
- A insisté sur la nécessité d’une visibilité réglementaire de long terme, associée à une certaine flexibilité pendant la phase de montée en puissance, afin de permettre le développement des premiers projets.
- A souligné l’importance de mettre en place un cadre réglementaire favorable permettant le développement d’une chaîne de valeur du CO2 compétitive et efficiente au sein de l’UE, afin de soutenir la décarbonation des industries difficiles à décarboner grâce au captage, au stockage et à l’utilisation du carbone.
- A mis en avant l’importance d’un accès transparent et non discriminatoire aux infrastructures de CO2, de tarifs ajustables dans les premières phases de développement et de solutions de réduction des risques pour l’ensemble de la chaîne de valeur.
- A appelé à la simplification des procédures d’autorisation, à une coordination des processus de planification des réseaux et à la mise en place d’outils de gestion des risques afin de répondre aux risques liés aux investissements et aux volumes.
- A reconnu les défis et les opportunités auxquels sont confrontés les émetteurs dans la région méditerranéenne, notamment la disponibilité limitée de capacités de stockage géologique permanent.
- A souligné les bénéfices de la coopération transfrontalière et régionale pour le développement du marché, ainsi que pour clarifier les questions de responsabilité transfrontalière et d’accès aux sites de stockage de CO2 situés dans des pays tiers.
- S’est félicité des avancées vers l’adoption de l’acte délégué relatif aux méthodologies de certification des absorptions permanentes de carbone, incluant notamment le captage direct dans l’air avec stockage, le captage et stockage des émissions biogéniques et le stockage du carbone dans le biochar.
- A souligné l’importance de créer un marché des absorptions permanentes de carbone au sein de l’Union européenne.
Athènes, le 9 décembre 2025
